Partager l'article ! De Kinosaki au Koya-San : sources chaudes et spiritualité.: Après avoir étanché notre soif de culture, nos corps avaient besoin de retrouv ...
Après avoir étanché notre soif de culture, nos corps avaient besoin de retrouver l’élément liquide sous sa forme bouillonnante et enveloppante.
Direction donc les sources chaudes de Kinosaki Onsen.
Au risque de nous faire pourrir et traiter de petits incubes hédonistes, nous nous sommes offert le
raffinement et la tradition d’un ryokan-onsen qui, en plus de prestations classiques de ce type d’hébergement, permet de gouter à la haute gastronomie japonaise : la
cuisine Kaiseki.
Kinosaki est donc une ville d’eau et
contrairement à ses homologues françaises, n’est pas ringarde pour un sou. Même si beaucoup de vieilles personnes rhumatisantes viennent y gouter les joies de la baignade (lors de vrais
marathon-bains) en yukatas et getas (socs en bois), la ville n’a rien de sordide.
Cette petite bourgade de 4000 habitants se situe au bord d’une rivière et dispose de dizaines de sources chaudes naturelles, exploitées par sept maisons de bains. Ces dernières proposent tout un éventail d’expériences : saunas, hammam, rotemburo (bains extérieurs) en bois ou en pierre entoures de foret, mais aussi sur le toit, pour profiter de la vue sur la ville, bains bouillonnants, bains aux herbes, au lait, ou encore électriques…
En résumé un choix infini de plaisirs invitant à la relaxation. Il existe même une sorte de sauna froid où l’on peut se refugier après un bain brulant.
Le soir venu, après avoir teste un maximum d’établissements, nous retrouvons le confort douillet de notre ryokan… où un beau rotemburo prive nous attendait dans le jardin de notre chambre ! C’est donc récurés comme jamais, que nous avons revêtu nos yukatas et nous sommes installes sur le tatami autour d’une belle table laquée.
A 19h précises, une douce petite voix ose un premier et timide « sumimasen »
(excusez-moi…) derrière les panneaux coulissants. C’est le signal qui annonce le début de notre diner Kaiseki.
La tradition Kaiseki déploie une vaisselle abondante et raffinée afin de composer dans la présentation de chaque plat une nature morte miniature. Douze services se succèdent dans un ordre précis : le cru, puis les différentes façons de cuire un plat (bouilli, rôti, grille, frit…). A chaque nouveau service, un plateau est servi sur lequel sont harmonieusement disposés des petits plats, des bols, des soucoupes…
Nous sommes spectateurs et acteurs de ce fabuleux ballet de saveurs, de couleurs et de textures (parfois surprenantes). Subjugués par la beauté du repas comme par sa finesse gustative, nous sommes aussi déroutés par la perte de repère par rapport à nos propres références culinaires. Pleine d’attentions à notre égard, notre hôtesse, vêtue d’un joli kimono remplissait régulièrement nos verres d’un délicieux saké et de thé vert. Voici un aperçu du menu proposé :
Conscients du privilège que constitue ce repas fantastique et rare, nous avons terminé la soirée par…un dernier bain dans le rotemburo du ryokan, puis dans celui de notre jardin !
Le lendemain après midi, bien reposés quoique passablement ramollis (et hautement minéralisés) par cette débauche de onsens, nous reprenons le train en direction d’Osaka.
Nous ne passerons qu’une nuit dans cette trépidante mégapole, afin de couper la route qui doit nous mener jusqu’au mont Koya.
Notre nuit à Osaka fut douce, peut être grâce au bar à sushis dans lequel nous avons diné (orgie de fruits de mer et de poisson). Devant nous, les sushis défilaient sur le convoyeur et nos piles d’assiettes s’élevaient quand, à notre grande joie, nous avons pu nous dandiner sur notre tabouret sur « Sakura », le dernier tube du moment (cf. notre article sur Shibuya et le bonus video ci-dessous de ce beau moment !)
Nous voila donc partis pour une belle promenade dans ce village d’altitude entouré de forêts de résineux aux couleurs magnifiques, déclinant tous les dégradés de vert, du plus tendre au plus intense. La plupart des temples du Koya-san sont très anciens, les communautés religieuses étant établies sur le site depuis 816 ! L’ensemble de temple du Garan (l’enceinte sacrée) comporte d’impressionnantes pagodes vermillon et des sanctuaires en bois très élégants. Un peu plus loin, le temple Kongobu-ji abrite un superbe jardin zen et surtout, des peintures sur panneaux coulissants absolument magnifiques. Ces peintures évoquent le cycle des saisons et l’impermanence de la nature dans une profusion de couleurs.
Au nord du village, nous arrivons à l’Oku-no-in, un cimetière-temple incroyable.
Dans une forêt de cèdres plusieurs fois centenaires aux dimensions impressionnantes se dressent près de
200.000 sépultures couvertes de mousse. Ce lieu est sacré pour les bouddhistes. Les plus fervents d’entre eux y laissent une partie de leurs cendres ou une mèche de cheveux après leur
mort.
On se perd avec plaisir dans les allées pavées de ce grand cimetière. Les jeux de lumière à travers les
grands arbres et les effluves d’encens se dégageant des autels nous enveloppent d’une atmosphère de mystère et de sérénité, à peine troublée par le passage de fidèles munis de leur bâton de
pèlerin.
Au terme de cette traversée quasi mystique… nous arrivons au Pavillon des Lanternes ou
Toro-do, principal édifice de l’Oku-no-in. Il contient des centaines de lampes dont deux bruleraient depuis 900 ans ! L’intérieur est constitué de nombreuses cloisons
sur lesquelles sont disposés des dizaines de milliers de Bouddhas miniatures, tous scrupuleusement étiquetés et numérotés !
L’heure tourne et nous prenons le chemin du retour
vers notre shukubo car le diner est servi vers 18h30, après la séance de méditation collective.
Nous découvrons alors notre chambre : il s’agit d’une pièce japonaise classique donnant sur un jardin sec. De simples panneaux coulissants nous séparent des chambres voisines. Nous retrouvons les éléments traditionnels : tatami, futon à déplier pour la nuit dans l’unique placard, yukatas à disposition pour se rendre au bain commun, alcôve décorative (tokono-ma) et table basse, cette fois-ci pourvue d’une couverture chauffante ! L’ambiance est feutrée mais très sympa, les moines sont jeunes et modernes, certains d’entre eux parlent même anglais !
Craignant pour nos genoux et articulations insuffisamment préparés aux longues stations au sol, nous zappons la séance de méditation collective en nous préparant physiquement et psychologiquement au repas du soir. A cet effet, nous avions prévu un petit peu de jambon et des gâteaux dans l’éventualité d’un frugal repas peu à notre goût.
La spécialité culinaire du Koya-san est la cuisine végétarienne Shojin-ryori, issue de la règle bouddhique, les moines n’ayant pas le droit de manger des animaux. C’est une cuisine qui a pour base deux sortes de tofu : le gomadofu (graines sésame) et le koyadofu (soja). Ils agrémentent différents plats de légumes, algues et nouilles accompagnés de soupe.
C’est dans une salle commune, accroupis sur un coussin,
en compagnie d’autres résidents occidentaux que nous avons découvert et partagé ce surprenant diner, finalement plutôt bon. Au plus grand désespoir de nos articulations, le diner s’est prolongé
afin d’écouter la directrice hôtelière du temple, âgée d’au moins 85 ans, venue nous conter dans un anglais parfait, son histoire et celle du monastère.
Le retour à notre chambre s’est donc fait avec une démarche peu gracieuse de vieilles choses endolories et gémissantes dans le froid. Heureusement, nous avons pu nous réchauffer et détendre nos membres dans le bain chaud du sento (bain collectif) avant de rejoindre nos fermes futons.
A l'aurore, réveillés par le gong, nous avons été invités à nous joindre à la prière du matin (6h tout de
même !) appelée O-inori. Dans une petite pièce sombre, nous prenons place à même le sol, au milieu des fidèles. Devant nous, 6 moines psalmodient dans les volutes d'encens. Au
cours de la prière, chaque participant doit se présenter devant l'autel et jeter sur les braises quelques pincées de poudre d'encens. Nous sommes hypnotisés par le rythme répétitif de la prière
et les fumées enivrantes qui nous entourent. Partout autour de nous, des lustres finement ciselés, des statues du Bouddhas, des petites pagodes...Ambiance mystique a souhait...
A la fin de la prière, un moine se retourne vers l’assistance pour lui délivrer un enseignement...dont la portée nous a largement échappée. Il faut dire que notre niveau de japonais ne nous a pas
permis de saisir toutes les subtilités de ce message !
S’en est suivi un petit déjeuner japonais et végétarien, particulièrement infâme, que nous avons complété avec les victuailles heureusement provisionnées la veille !
Cela reste néanmoins une expérience inoubliable que nous recommandons afin de découvrir au plus près le quotidien d’un temple bouddhiste.
Ainsi s’achève notre séjour au mont Koya. De retour à Osaka nous prenons un Shinkansen pour l’ile de Kyushu et sa capitale : Fukuoka (aussi appelée Hakata).
Bonus video :
Avant tout, pour comprendre notre joie dans la video,
decouvrez ces 3 creatures en visionnant le clip (You Tube)
de cette ode moderne aux cerisiers en fleurs...
... les "SAAAAAKURAAAA" !
Moment sushi-bar a Osaka rythme par DJ Ozma
"Sakura, sakura, la la la laaaa..."
Ce blog et notre projet sont dédiés à Véro (notre "Vieille Tante") en hommage à sa joie de vivre, son altruisme et
son goût des voyages (de toutes sortes...). Nul doute qu'elle nous accompagnera tout au long de cette aventure, et bien plus
encore. Nous tenterons alors d'être à la hauteur de la leçon de vie qu'elle nous a délivrée.Pour connaitre nos bonnes adresses (hotels, restos, bons plans en France et ailleurs !)... Cliquer ici !
Derniers Commentaires