
Pour notre premier trajet terrestre en transport en commun, nous avons opte pour le minibus pour rejoindre Vang Vieng depuis Luang Prabang. Nous avons, notamment partage le trajet avec un groupe de 4 retraites de l'education nationale, tres routards et tres bavards ! Ainsi, malgre l'inconfort et la duree du voyage (7 heures sur des routes montagneuses), le temps a passe relativement vite.

Arrives a Vang Vieng, nous avons rapidement compris quel etait l'etat d'esprit de cette petite ville champignon, constituee de quelques rues au bord d'une riviere. En effet, tout ce qui est relatif a la culture lao a ici disparu au profit d'une americanisation a outrance. En lieu et place des petits restos et autres stands-barbecue de nourriture locale, on peut desormais profiter de bars a banquettes diffusant en boucle des episodes de
Friends ou des
Simpsons pour le plus grand plaisir d'une clientele anglo-saxonne totalement lobotomisee a la biere et a l'herbe. Cette derniere peut, si vous le souhaitez, agremente votre pizza, burger ou milkshake ! Il suffit pour cela de demander la formule "
happy" au serveur..!
Pour nos deux journees a Vang Vieng, et parce que nous ne cautionnons pas l'usage de substances illicites (du moins, en dehors des periodes de travail !), nous avons opte pour un sejour
nature et sports, plus conforme a nos valeurs profondes... Le premier jour, nous avons loue des VTT afin de parcourir la campagne environnante sur les chemins de la "boucle ouest" recommandee par notre guide Lonely Planet. Cette route parcours 43 km a travers de sompteux paysages de falaises karstiques, de rivieres, de forets denses, de grottes et de petits villages.


Precisons que si les paysages sont spectaculaires, la route, elle, est tout bonnement effroyable. C'est en fait une piste cahoteuse et poussiereuse au moindre passage de motos ou tracteurs a remorque...
Apres avoir regle la hauteur de la selle de nos engins, nous integrons le fait que rien n'y fera : le VTT est terrible pour nos petits fessiers citadins. Resignes, serrant les dents autant que les fesses, nous traversons la riviere en utilisant un petit pont payant et branlant decore par deux obus datant de la seconde guerre d'Indochine (du meilleur gout !). C'est parti pour 4km de tape-cul au milieu de tres buccoliques paysages de campagne.
Au kilometre 4, nous nous arretons afin de visiter une grotte, puis de nous sustanter dans une petite bicoque en bambous et paille sur pilotis au bord d'un etang. Deja, nos mains ne sont que bouillie et nos fesses meurtries nous rappellent que, finalement, le sport c'est aussi de la souffrance...

Bien reposes apres une grosse assiette de nouilles bien grasses (a defaut d'etre exemptes de germes douteux), nous chevauchons de nouveau nos machines et reprenons la route : nous traversons de petits cours d'eau et nous enfoncons dans une epaisse foret.
Au kilometre 8, apres avoir croise un cycliste victime d'une crevaison qui ramenait a pied son VTT sous le soleil ecrasant, nous faisons un arret pipi-visite d'une grotte. Au moment de repartir, nous décrétons que c'en est assez ! Il est temps pour nous de rentrer au bercail : parce que 16 km, finalement, c'est tres honorable; le lendemain une autre journee sportive nous attend. Pour nous economiser, rien de tel qu'une petite biere, d'autant que nous n'en avons pas bu depuis plus de 20 heures et qu'il faut savoir ecouter son corps...

La seconde journee, placee elle aussi sous le signe de l'aventure, fut consacree a la visite de grottes suivie d'une marche dans la nature et de la descente de la riviere en kayak.
Om, notre guide (comme
Olympique de Marseille) nous a fait decouvrir des grottes surprenantes mais a l'acces difficile. A l'interieur, a l'aide de lampe torche made in China, nous avons pu observer de surprenantes formations minerales ainsi qu'une araignee particulierement remarquable et neanmoins repugnante de la taille d'une main (speciale dedicace a Candy Martinez, l'amie des animaux -pas de chagrin-). Apres ces emotions, Om nous a prepare un petit barbecue de viande sechee et de legumes en brochettes accompagne de riz gluant, de bananes et, bien sur, de l'incontournable baguette !
Apres avoir repris des forces, nous avons entame une petite marche d'une heure a travers des paysages de montagnes karstiques, de rizieres irriguees par de jolis canaux et agrementes ca et la de petits villages de la minorite Mhong.
Nous avons alors pris possession de nos kayaks pour commencer la descente de la riviere jusqu'a Vang Vieng sur une dizaine de kilometres.
Au fil de l'eau, nous avons croise beaucoup de touristes qui faisaient le meme trajet en
tubing.


Le
tubing consiste a se laisser porter par le courant sur une grosse chambre a air. Mais la specificite qui semble etre en vigueur ici, est de faire du tubing totalement sous l'emprise de
marie-jeanne. Les 100 premiers metres de la descente de la riviere offrent le spectacle de dizaines de bars en bambous surplombant le cours d'eau. La, s'ebattent joyeusement des centaines de touristes dechires sur fond de musique techno. Impressionnant autant que pathetique... La suite du parcours est plus agreable, les paysages sont fantastiques et il est tres agreable de se laisser porter par le courant en observant la vie au bord de la riviere (pecheurs, enfants se baignant depuis les passerelles en bambous, vaches et boeufs placides sur la rive...).

De retour a Vang Vieng, nous avons termine la journee en observant le spectacle fabuleux du coucher de soleil sur les montagnes au bord de la riviere. Un moment inoubliable !

Ce matin, apres l'ecriture de cet article, nous reprenons la route pour le sud du Laos : d'abord 4 heures de bus jusqu'a Vientiane, puis une correspondance en bus-couchette jusqu'a Pakse ou nous arriverons demain vers 6 heures du matin.