
A une vingtaine de kilometres de la frontiere cambodgienne, le Mekong se divise en d' innonmbrables bras, composant autant de petites iles recouvertes de vegetation luxuriante, propices au farniente et au contact tres direct avec la nature.

C'est donc sur une de ces iles, Don Khone, que nous avons decide de terminer notre sejour au Laos. Pour y acceder il faut deja rejoindre le petit bourg de Ban Nakasang, une sorte de Bronx local fort peu engageant et poussiereux en bordure du fleuve. Ici nous attendait la petite embarcation prehistorique qui allait nous mener sur les exquis chemins de l'oisivete...
Les 30 min de traversee comtemplative nous ont permis d'avoir un avant gout de ce qui nous attendait : profusion de cocotiers, buffles se prelassant dans les eaux du fleuves, oiseaux divers et varies...
Bref, un cadre des plus buccoliques et une sensation de bout du monde...

Debarques comme de vulgaires marchandises perimees par notre peu bavard batelier, nous avons parcourus les derniers 500 metres qui nous separaient de notre guest-house a pieds.
En chemin, et malgre le poids de plus en plus penible de nos sacs a dos, nous avons pu observer la vie du village : enfants jouant a la petanque, routards en goguette sur des velos au couleurs flashies, vieilles batisses coloniales abandonnees a la vegetation, et partout, ce fleuve, omnipresent et fascinant, que nous suivons depuis le nord de la Thailande ( et oui deja !).
La guest-house se situe au bord du fleuve et comprend des bungalows sur pilotis tout a fait charmants avec tout le confort necessaire a un sejour de reve : une moustiquaire (imperatif dans ces contrees sauvages ), une salle de bain avec ''servicios'' tres propre (mais sans eau chaude), et surtout, une jolie petite terrasse vue fleuve agrementee de deux hamacs, dans lesquels nous nous sommes jetes telle la decheance sur Britney Spears (apres avoir ingurgite une petite bierasse... faut quand meme se respecter...) afin de profiter du coucher de soleil.

C'est ainsi que se sont ecoules ces trois jours fabuleux : la matinee etait consacree a l'exploration de l'ile en velo et de ses petits chemins bordes de fermes qui parfois debouchent sur le Mekong, secoue par de tonitruants rapides .
Parfois, quelques vestiges se font temoins d'une epoque revolue, tel un pont de chemin de fer construit par les francais, ou meme une antique locomotive rongee par la rouille au beau milieu d'un champs et qui sert desormais de terrain d'exploration pour les poules et autres creatures de la basse cour.
Nous traversons aussi des rizieres, des cocoteraies, et meme des langues de sable ou on peut se prelasser en ecoutant le cliqueti de l'eau (sans meme que l'idee de tremper le moindre orteil dans le fleuve nous traverse l''esprit evidemment !).
Les apres midis sur ces iles sont particulierement chauds, c'est pourquoi nous avons opte pour le hamac apres le dejeuner : delicieux instants ou le regard se perd dans le vert de la vegetation et la contemplation du paisible Mekong... de vrais moments de bonheur.

A partir de 15h30, la temperature se fait plus supportable, c'est alors le moment propice pour faire une ballade en bateau a la decouverte d'une espece menacee : les dauphins d'eau douce de l'Irrawady. Si ces cheres bestioles se montrent un peu farouches lors de l'observation (nous en avons vu 4 ou 5 en 30 minutes), la voix fluviale pour parvenir a leur terrain de jeux est un enchantement : on traverse des bras du fleuve dans lesquels poussent de grands arbres a la silhouette inquietante, tous penches dans le sens du courant, comme figes par un etrange sortilege, de grands oiseaux blancs croisent notre embarcation avec indifference, la nature est sauvage, puissante et preservee, le voyage se fait onirique...

Helas, tout a une fin, et il est deja temps de quitter le Laos apres trois semaines de decouverte au rythme tres particulier de ce pays attachant. Ici plus qu'ailleurs, il est inutile de courir si l'on veut apprecier le charme subtil du pays, il faut savoir prendre le temps, et profiter d'un environnement preserve, d'une culture mal connue et de la grande gentillesse des laotiens.
Le pays est tres nature et se prete a merveille a une multitude d'activites, et l'ecotourisme est en plein essor, c'est donc une destination qui, selon nous, est a decouvrir au plus vite avant l'invasion du tourisme de masse.
Demain, nous reprenons la route pour le Cambodge, derniere etape en Asie continentale ou nous sejournerons un mois...