En congès sabbatique pour six mois, nous quittons boulot et appartement à Paris pour voyager en Asie et revenir en France en faisant le tour du globe : la vraie vie, en somme !
Malgré une panne de réveil et l’heure de pointe où monter dans une rame bondée du métro avec sac et valise est un exploit, nous avons néanmoins réussi à attraper notre Shinkansen pour Takayama, au pied des Alpes japonaises.
Essoufflés mais confortablement installés dans un train spacieux et moderne, nous avons vu défiler de superbes paysages de nature (rivières aux eaux cristallines, forets de résineux,…) et avons même vu surgir au loin le Mont Fuji (une légende !).
Arrivés à Takayama, une fois déchaussés et après un nettoyage minutieux des roulettes de la valise, nous avons pris possession de notre chambre réservée dans un minshuku (pension de famille). Notre nid nippon est comme nous l’imaginions…mais en mieux ! Style épuré, portes coulissantes, tatamis au sol, futon (très ferme !), fenêtres coulissantes aux carreaux opaques… Pour le prix, nous n’espérions pas ni cette immense TV à écran plat, ni la climatisation (dont la fonction chauffage est restée une énigme avec ses commandes en japonais !), ni le nécessaire a the avec petit gâteaux. Nous découvrons aussi les deux croquignolets yukatas mis à notre disposition pour nous rendre au onsen (douches et bains commun).
Inutile de préciser que nous avons bien profite de tout, y compris des merveilleuses chaines nipponnes qui diffusent en haute définition des jeux absolument débiles (lancer de chaussures depuis une balançoire, épreuves de type Intervilles,…) le tout ponctué d’incrustations fluo a l’écran et de commentaires hystériques, sans parler des pubs ! Se résigner à s’endormir face a tant de merveilles fut parfois difficile !
Takayama ayant été épargnée par les bombardements de la seconde guerre mondiale, la ville est restée dans son jus. Elle est traversée par une rivière, enjambée par un joli pont rouge et noir (que Jeanne M. aurait adore…) ; l’ambiance y est paisible et la montagne toute proche lui donne des airs de villégiature.
Cela tombe bien, nous comptons sur ces deux jours sur place pour nous reposer de la frénésie de Tokyo.
Nous découvrons les rues piétonnes de la vieille ville bordées de maisons de commerce anciennes. Dans ces constructions basses en bois sombre, sont installées boutiques d’artisanat (bois, céramique, estampes, textile), restaurants traditionnels et échoppes vendant la spécialité locale : boulettes de farine de riz en brochettes grillées et nappées de sauce soja (mitarashi dango).
Enfin, toujours dans ces rues, on trouve de nombreuses distilleries de saké, reconnaissables par les grosses boules de feuilles de cèdre pendues à leur devanture (sakabayashi). On peut y déguster différents types de saké : du fort, du doux, du parfume etc.… (Ces précisions visent à éviter à Mumu de somatiser un syndrome de déshydratation !)
Nous avons ainsi vu de très beaux articles d’artisanat, dans des boutiques (souvent superbes, parfois ouvertes sur un jardin japonais) ; mais hélas, peu adaptes a notre budget.
La ville est entourée de forets de conifères dans lesquelles sont disséminés des dizaines de temples et sanctuaires, objets d’agréables promenades. Par ailleurs, on peut aussi visiter une ancienne maison gouvernementale datant de 1615 : le Takayama-Jinya, centre administratif du shogunat et de lequel on peut voir grenier a riz, salle de torture, cuisines d'un autre temps.
Takayama étant située dans la région d’Hida, nous n’avons pas manque de déguster LA spécialité locale : le BŒUF ! Moins connu au niveau international que celui de Kobe, le bœuf d’Hida est cependant le préféré des japonais. Il s’agit d’une viande dont la chair persillée (marbrée de gras) est extrêmement tendre et gouteuse. Nous nous sommes donc attables dans un restaurant spécialisé afin de nous offrir cette expérience gastronomique en l’accompagnant d’un petit Cotes du Rhône, pour l’occasion !
La mise en bouche s’effectue par l’observation du chef qui prépare votre pièce de bœuf de 400g. avec moult oignons, beurre, sauces mystérieuses et flammes jaillissantes de la poêle en cuivre.
Ensuite, comment vous décrire la chose… ? Ce fut divin : sans aucun doute la meilleure viande que nous ayons mangée de notre vie. La viande fond dans la bouche, le gout est extraordinaire. De plus, les petits légumes servis en accompagnement étaient cuits à la perfection et dégageaient des aromes particulièrement subtils, surtout les carottes. Bref, un moment de pur bonheur.
Repus et reposés, nous quittons ce matin cette étape gastronomique et bucolique pour rejoindre Kyoto, où nous allons nous établir pour une semaine.