En congès sabbatique pour six mois, nous quittons boulot et appartement à Paris pour voyager en Asie et revenir en France en faisant le tour du globe : la vraie vie, en somme !
Nous sommes à Kyoto depuis près de six jours maintenant. Avant d'évoquer la visite de cette ville mythique dans un prochain article, voici tout d'abord un aperçu de ce que la région du Kansai comporte comme sites remarquables.
Notre première excursion a été consacrée à la ville de Himeji. Située à une centaine de kilomètres de Kyoto, on peut la rejoindre facilement par le train. A ce propos, nous nous devons d'évoquer ici la gare de Kyoto.
Celle-ci est monumentale et semble tout droit sortie d'un film d'anticipation. C'est un véritable chef d'œuvre de verre, d'acier et de marbre qui se déploie sur 15 niveaux !
Partout, d’immenses escalators vous transportent vers l’un des nombreux quais ou encore vers des galeries commerciales labyrinthiques. Au dernier niveau, un jardin suspendu permet d’embrasser du regard toute la ville de Kyoto et les montagnes environnantes.
L’édifice est intimidant, et il est facile de s’y perdre, tant le dédale de couloirs, de magasins et de panneaux semblent obéir a une complexe organisation ! Une fois sorti de cette forteresse futuriste, des statues représentant Astro le petit robot semble vous féliciter de votre pugnacité !
Après avoir trouve le bon quai, nous avons embarque pour Himeji dans un confortable Shinkansen qui nous a mené a bon port en moins de 45 minutes.
Cette petite ville est réputée pour son château féodal construit au 14eme siècle et classe au patrimoine mondial.
En arrivant sur le site, on est tout de suite saisi par l’élégance et la force qui se dégage de cet édifice élancé, manifestation de la puissance des Shoguns. Epargne par les bombardements de 1945, il semble avoir traverse les âges, on s’attendrait presque a voir surgir une armée de samouraïs au détour d’une coursive !
Le château est entoure de solides remparts, et se trouve au centre d’un parc dans lequel abondent les cerisiers et les conifères. Malgré la densité de la foule, la visite est agréable, le donjon est particulièrement impressionnant, c’est une tour blanche sur 5 niveaux qui contient de petites pièces reliées par de sombres et raides escaliers.
Un peu plus a l’ouest se trouvent les jardins Koko-en, qui offrent une jolie promenade au milieu d’essences rares, et dans lesquels nous nous sommes arrêtés dans une maison de thé afin d’assister a une cérémonie du thé.
Nous avons donc dégusté ce breuvage moussu et amer accompagnée d’une petite douceur à la fleur de cerisier (!), servi sous l’œil de la doyenne des lieux qui supervise les nombreuses courbettes de ses élèves au cours de cette cérémonie très codifiée.
A noter, nous avons eu la chance de nous trouver dans la même salle que deux jeunes créatures au sexe indéterminé accompagnant maman et au look gothico-shibuyesque.
Curieux contraste entre tradition et excentricité.
Après avoir constate la limite de flexion de nos genoux immobilisés sur un tatami, nous sommes rentrés a Kyoto, non sans avoir englouti un bento sur le quai de la gare...
Ne riez pas, un plateau-repas en attendant son train, c'est une autre forme de raffinement !
Le lendemain, fraichement réveillés, direction Nara à une quarantaine de kilomètres de Kyoto.
Nara fut la première véritable capitale du Japon dans l’histoire. A ce titre, elle possède un patrimoine culturel exceptionnel dont les sites majeurs sont rassemblés dans un grand parc où s’ébattent plus de 12000 daims. Le week-end, c’est donc le rendez-vous des familles qui viennent au contact de ces animaux bien peu farouches !
Dès notre arrivée et en qualité d’amis des bêtes (rappelez-vous Mylène, Régine, la maison des chats, etc.…) nous nous sommes empressés d’acheter des biscuits pour daim, vendus à tous les stands, afin de régaler ces odorantes créatures de dame nature. C’était sans compter la goinfrerie de ces quadrupèdes forts téméraires quand il s’agit d’obtenir quelques friandises. C’est donc dans une certaine panique, sous l’œil goguenard des touristes nippons que l’un de nous s’est retrouvé avec des sabots sur son pantalon… Pour échapper à ces agresseurs gloutons, le paquet de biscuit a finalement été offert dans un gracieux lancer de galettes des plus acrobatiques !
Les différents temples se repartissent dans ce parc de plusieurs hectares. Ne disposant que d’une journée, nous avons du faire une sélection rigoureuse (ce CrazyAsiaticTour est décidément un travail de chaque jour !).
Tout d’abord, à l’entrée du parc, le Todai-Ji, est un immense sanctuaire (le plus grand édifice en bois du monde). Un de ses nombreux pavillons, le Daibutsu-Den renferme un Bouddha datant de 746 qui détient, lui aussi un record puisqu’il s’agit de la plus grande statue en bronze du monde.
On évolue autour de ce Bouddha à travers des volutes d’encens. La visite est solennelle et impressionnante jusqu’au moment ou l’on passe derrière la statue et que l’on observe un bruyant attroupement autour d’un gros pilier en bois. La croyance populaire veut que celui qui peut passer dans le trou (de la taille exacte de la narine de Bouddha !) situe à la base de ce pilier connaitra l’Eveil. Ainsi, chacun peut tenter sa chance… dans une ambiance résolument hystérique ! Après les enfants qui se faufilent sans peine sous les encouragements des parents, ces derniers se prêtent à l’exercice, parfois périlleux… La réussite de l’épreuve donne lieu à des cris de joie ou des applaudissements.
La visite du Todai-Ji se poursuit à flanc de colline par la découverte du pavillon Nigatsu-Do.
Ce dernier est caractérisé par les multiples lanternes suspendues à sa terrasse depuis laquelle on jouit d’une vue splendide sur Nara.
Nous continuons notre promenade d’un temple à l’autre en compagnie des daims sur des petits sentiers de forets au milieu des résineux et des cerisiers en fleurs (les sakuras).
C’est une journée très ensoleillée et le cadre est splendide même si l’orientation est parfois laborieuse, nos amis les daims ne parlant pas anglais, eux non plus, ils ne nous ont été d’aucun secours… !
Le Kasuga Taisha est un autre sanctuaire ayant retenu notre attention.
Il fut fonde au VIIIème siecle et fut reconstruit tous les 20 ans, selon la tradition shintoïste. Ses colonnes et ses portes laquées de vermillon illuminent la nature environnante.
D’autre part, les allées boisées qui y mènent sont bordées de centaines de lanternes en pierre conférant au lieu une atmosphère mystérieuse.
Notre promenade champêtre s’est terminée au pied de la grande pagode du temple Kofuku-Ji, entourée de beaux cerisiers et sous lesquels les japonais aiment se retrouver pour observer la nature.