En congès sabbatique pour six mois, nous quittons boulot et appartement à Paris pour voyager en Asie et revenir en France en faisant le tour du globe : la vraie vie, en somme !
Avant toute chose nous remercions chaleureusement tous les fans du blog qui nous ont supplies depuis pres de 10 jours de mettre a jour le Crazy Asiatic Tour ! A ce silence, une explication : c'est par respect et modestie que nous avons hesite avant d'exposer de telles splendeurs a des regards congeles par les frimas europeens.
Quoi de plus deplace, en effet, que d'etaler tout notre bonheur a la face du cyber monde ?!!!
Et puis, finalement, suite a tant de courriels desesperes implorant des nouvelles et trucculentes anecdotes, nous cedons... Voici donc le recit de dix jours... au paradis !
La porte d'acces a ce paradis fut donc pour nous la celebre ile de Phuket, ou nous avons passe une nuit avant d'embarquer pour les iles. Une nuit, cela fut largement suffisant pour gouter au joies des lieux : ruelles sordides, hotels de passe, crasse generalisee, ambiance glauque et poisseuse a souhait...
Heureusement pour nous, et des le chant du coq, une vedette nous attendait pour rejoindre notre premiere etape : Ko Phi Phi.
Arrives sur cette ile apres une traversee en compagnie de representants de la jeunesse doree internationale, un long tail boat nous a conduit sur la plage que nous avions selectionnee dans la baie d'Ao Phak Nam. Et la, apres un debarquement "pieds dans l'eau", sous nos yeux ebahis, nous decouvrons un endroit d'une incroyable serenite : croissant de sable dore, eaux emeraudes, bungalows en bambou noyes dans la jungle... "parce que nous le valons bien..."
La, on vous entend deja medire en faisant la moue : "mouais, en fait ca doit quand meme etre mortellement ennuyeux tout ce soleil, cet isolement face a la mer... trop contemplatif... ya rien a faire..." Et bien sachez que les activites ne manquaient pas : ballades en foret, farniente sur la beach, vol de transat (il fallait se lever tot pour les squatter...), secouage de pareos, snorkeling (superbe spot avec coraux et faune multicolores a moins de 150 metres de la plage...), biere, cocktails (hummmmm!! la pinacolada avec ananas et coco frais), y compris une visite au port principal de Tonsai afin de decouvrir le village touristique et ses facilites.
Parmi celles-ci, d'etonnants salons de massages proposant des prestations tres... completes. Prestations dispensees par de sans nul doute tres professionnelles creatures botoxees a la voix eraillee: "Yeeeah ! Sexy boy ! do you want a massaaaaage ?" ( avec clignement de l'oeil torve allourdi de mascara bon marche...). Tonsail recelle aussi un grand nombre de jeunes gens imbibes de whisky. Il n'est pas rare de les croiser dans un internet cafe ou sur la plage avec la trace sechee du vomi de la veille au coin des levres... tout un programme ! Enfin, Tonsai possede deux magnifiques plages dans un site grandiose de falaises plongeant dans les eaux turquoises ou emeraudes, mais helas il faut faire abstraction de la foule, des transats, de la musique et de l'aspect peu engageant de l'eau, riche en vase et algues , sans meme parler de la pollution qui la rapproche plus des eaux du Rhone que de celle de Bora Bora ( trafic permanent des bateaux taxis et rejets en tout genre lies a la surpopulation... le mythe est bien ecorne ! A Phi Phi, le mercantilisme a visiblement survecu au tsunami...
De retour sur notre plage, loin de cette frenetique "capitale" , quel bonheur de gouter au calme et a l'ambiance simple et decontractee de notre guest house, qui nous a permis de faire la connaissance de Marie et Catherine, deux francaises tres sympas avec lesquelles nous avons passe une tres bonne soiree la veille de notre depart.
La seconde etape de notre periple dans les mers de sud nous reservait une surprise... En effet, nous avions de longue date reserve a un prix tres concurentiel un bungalow pour terminer notre sejour sur la petite ile de Ko Si Boya. Nous avons jete notre devolu sur cette ile malgre son eloignement relatif avec le fol espoir de profiter d'un petit coin tranquille au bord de l'eau, loin du tourisme de masse.
Au terme d'une veritable expedition en bateau puis en taxi puis en songtaew (taxi collectif) puis en bateau de nouveau et enfin en camion, nous sommes parvenus sur cette plage du bout du monde. Mais la, consternation : la plage s'avere etre en realite une mangrove, que nous decouvrons a maree basse , c'est a dire une longue etendue boueuse capturant tessons de bouteilles et autres dechets marins , le tout faisant face a notre bungalow !
Le soir meme nous prenions la decision de fuir au plus vite de cet endroit calme certes, mais ou nos corps avides de creme solaire, de brulures et de sable fin ne pouvaient s'epanouir comme il se doit (parce que nous le valons bien - bis).
Sitot fut dit, sitot fut fait : nous reservions dans un luxueux complexe a 25 kilometres plus au nord (mais nous y reviendrons plus loin...).
La derniere journee sur cette ile etrange nous a permis de comprendre les raisons de son succes aupres d'une certaine categorie de visiteurs. Nous ne developperons pas plus notre rencontre avec un argentin rentier-globe-trotteur tres porte sur la chose, pour evoquer par contre les hippies quinquagenaires, avec qui nous avons rapidement sympathise (ce qui ne presente pas de vraie difficulte a moins d'etre totalement sociopathe). Au fil des discussions tres interessantes, nous avons realise que ces personnes (qui ne travaillent que 6 mois par an) avaient depuis tres longtemps deja compris ce que nous ne faisons que toucher du doigt dans le cadre de ce conge sabbatique. Au dela des cliches communement repandus (et que nous partagions plus ou moins), nous avons decouvert des personnes ayant fait un choix de vie different, mais respectable qui concilie ideaux et pragmatisme (le travail est necessaire, jamais subi, et en aucun cas il n'est une valeur structurante de leur existence). Bref, on vous laisse mediter...
Au terme de ces 24 heures a Si Boya, nous avons donc repris la route et gardons de cette ile le souvenir d'un lieu finalement attachant (l'accueil etait tres chaleureux entre autres choses), en direction de Rai Leh (Railay) sur le continent.
La presqu'ile de Railay est surtout connue dans le monde de l'escalade pour ses impressionnantes falaises de calcaire et de karst surplombant une mer translucide.
L'arrivee en bateau sur les lieux est spectaculaire : des formations karstiques emergent de la mer comme des icebergs de pierre constelles de stalagtites, autour d'une immense plage de sable blanc bordee d'une vegetation luxuriante.
En resume, on a l'impression de rentrer dans une veritable carte postale (ou un fond d'ecran que nous avons tous un jour ou l'autre installe sur le PC du bureau...), on reve les yeux ouverts... avec un peu d'eau salee a cause des embruns !
Le desespoir de Si Boya et la joie de recuperer une carte Visa desactivee (pour fraude !!!) par erreur nous a conduit dans un Hotel (pas degeu du tout comme dirait une amie vulgaire...) equipe de tout le confort moderne (piscine, clim, resto, petites attentions, etc,...).
Nous nous sommes donc vautres dans la fange delicieuse de l'heliotropisme le plus decadent, en prenant garde de preserver notre peau delicate (parce que nous le valons bien - ter) !
Au fil de notre errance balneaire, nous avons eu la surprise de retrouver notre ami Bernard, accompagne de Guilhem, attables devant une coco fraiche sur notre plage ! Le monde est un village global... C'est donc en leur compagnie que nous avons termine notre sejour a Railay. Cet esprit de franche camaraderie (comme en colonie de vacances la si la sol... la si la sol fa mi...) fut propice a deux journees d'activites plus ou moins sportives recompensees par des soirees riches en bieres et reggae sur la plage...
Nous avons en effet soumis nos quatre corps d'ephebes au choc du maniement de la pagaie lors d'une journee kayak, puis de la pression des abysses sur nos chaires tendres au cours d'une sortie plongee palmes/masque/tuba.
Durant cette derniere, une jeune guide australienne dont le professionnalisme etait incarne dans la perfection de sa french manucure, nous a indique du bout de l'index depuis le bateau les spots de plongee les plus interessants. Apres un petit pic-nique sur une plage plus ou moins deserte (a laquelle on accede apres destruction des coraux a maree basse suivie d'une marche forcee en tong entre les oursins, le tout sans lumiere au retour !) nous avons fait trempette de nuit afin d'observer autour de nos corps barbottants des myriades de planctons phosphorescents s'illuminant au moindre de nos mouvements. Une experience magique et unique durant laquelle nous n'avons pas resiste au plaisir de rendre hommage a l'elegante, lumineuse et filiforme Muriel Hermine : tels quatre petites Cinderella scintillantes des abysses, nous avons execute avec brio une ronde aquatique a la choregraphie digne des plus grands spectacles de la petite sirene au milieu de ces etonnantes lucioles des mers...!
Les meilleures choses ayant une fin, nous sommes de retour a Bangkok (en hebergement bien plus modeste mais plus conforme a notre budget) ou nous consacrons nos dernieres journees au bouclage des ultimes details pour la suite du Crazy Asiatic Tour ( visas, change, etc, ...), ainsi qu'a la decouverte du Bangkok by night pour nous confronter a sa reputation sulfureuse...
Saurons nous resister a l'appel du lucre ?...